« Hanns et Rudolf » Thomas Harding

Hanns et Rudolf
Comment un juif allemand mit fin à la cavale du commandant d’Auschwitz
Thomas Harding
Trad. de l’anglais par Isabelle Taudière et Clémentine Peckre
Flammarion, 2014

 Rudolf avait amorcé le grand projet de Himmler : 
la solution finale à la question juive. 
Pour l'heure, ses supérieurs étaient très contents de lui.

Thomas Harding apprend au cours d’une élégie lors de l’enterrement de son grand-oncle que ce dernier aurait arrêté dans sa fuite le commandant d’Auschwitz à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Il conjugue recherches historiques et familiales pour reconstituer l’histoire que cet oncle ne voulut jamais dévoiler.

hanns et rudolfSi la Seconde Guerre Mondiale a toujours beaucoup inspiré les chercheurs et les romanciers, j’ai l’impression qu’on voit de plus en plus d’ouvrages de ce type être publiés : j’entends des ouvrages extrêmement documentés mais rendus accessibles à tous par un style romancé très facile à lire. Cependant, contrairement au livre Le Nazi et le psychiatre, le style utilisé ici ne pousse pas à la méfiance, car il est très simple et sans fioritures. La seule liberté prise par l’auteur, sur laquelle il s’explique dès le début, est le fait d’appeler chaque protagoniste par son prénom. Si le récit part d’une expérience personnelle et familiale, il n’en est pas moins vraiment intéressant historiquement parlant. On découvre comment les Alliés ont formé des sections spéciales pour poursuivre les nazis accusés de crimes contre l’humanité, pour la plupart en fuite, lorsqu’ils ne se sont pas suicidés.

Rudolf Höss
Rudolf Höss

L’histoire respective de Rudolf Höss et Hanns Alexander s’écrit parallèlement alors même que tout les oppose. L’un devient SS pour servir son pays et monte rapidement en grade. L’autre, juif berlinois forcé de quitter son pays, adopte la nationalité britannique et s’engage sous les drapeaux alliés pendant la guerre. Ici et là, sur des points de détails, égrainés au fil du récit, on trouve des similarités entre ces deux hommes. Sont-ils vraiment si éloignés? C’est au lecteur de se faire une idée. Si le but du livre est de raconter une histoire familiale, il est aussi de permettre au lecteur d’aujourd’hui de comprendre la complexité des situations. C’est par une autre similarité qu’on clôt cet ouvrage. Dans chacune des familles, c’est un tabou de parler du passé. Finalement, et c’est une conclusion très belle, l’auteur retrouve Rainer Höss (petit-fils de Rudolf) et sa mère pour aller visiter Auschwitz pour la première fois. Car il y a toujours un moment où il faut se confronter à sa propre histoire, avancer sans oublier.

Hanns Alexander
Hanns Alexander

Pour les plus téméraires : il est possible de prolonger cette lecture avec l’ouvrage Le commandant d’Auschwitz parle, autobiographie de Rudolf Höss publiée chez La Découverte, largement citée dans ce récit. N’hésitez pas à piocher dans l’abondante bibliographie à la fin du livre. Je vous invite également à ne pas trop faire attention au caractère spectaculaire du bandeau… qui aurait tendance à réduire l’ouvrage à une simple fiction.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Luocine

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