« Le règne du vivant » Alice Ferney

Le règne du vivant
Alice Ferney
Actes Sud, 2014

Rentrée littéraire 2014

Pouvons-nous vraiment être cette génération 
qui cherche dans l'univers la moindre trace de vie 
et en laisse disparaître la forme géante sur Terre? 
Serons-nous dans les livres à venir 
ceux qui n'ont pas empêché les massacres?

Magnus Wallace est un militant écologiste qui promène son équipage de passionnés à travers les océans pour entreprendre des actions concrètes de sabotage. Un journaliste s’embarque avec lui et raconte son expérience à traquer les baleiniers japonais, la rencontre avec la nature, la lutte contre les hommes et le système.

regne du vivantL’écologie : un sujet qui me semble aussi intéressant qu’épineux pour un auteur. Tombez dans l’alarmisme — même s’il est justifié — et vous ennuierez votre lecteur ; restez à la surface du sujet, et le résultat sera le même. Alice Ferney a trouvé un équilibre parfait, tout simplement grâce au point de vue de son narrateur. Séduit par le discours brillant de l’activiste, il s’embarque en attendant d’avoir la preuve par les faits de la passion de Magnus.

En mer, le narrateur découvre la spectaculaire beauté de la nature et du monde animal qui s’offre à lui de manière entièrement gratuite. Comment, alors, ne pas avoir envie de la protéger? Quelques scènes de pure cruauté envers les animaux suffit pour le convaincre, des scènes que nous avons tous déjà vues à la télévision : pêche à la baleine au Japon, rendue aisée grâce aux harpons d’une grande précision. La pêche à la palangre qui est une calamité pour la faune, la flore sous l’eau et même les oiseaux marins. Mais le pire c’est sans doute la pêche aux ailerons de requins, pratiquée dans les pays pauvres où les pécheurs n’ont que cette ressource pour vivre. Les requins sont pêchés vivants, les ailerons leur sont coupés et on les relâche dans l’océan, à moitié décapités, voués à une longue agonie. Trouvez-vous les images vous-mêmes, je préfère ce spot de Sea Shepherd qui fait passer le message de manière très efficace.

Les mers sont de terribles zones de non-droit où aucune loi ne s’applique. La justice ne s’y applique pas ou bien de manière perverse, pour protéger un système et une économie toute puissante maîtrisée par quelques mafias. La corruption, la violence font monter la colère et donc l’engagement total de l’équipage qui prouve que rien ne peut être accompli sans action concrète. Grâce à cette mise en contexte, on comprend l’importance de la politique, et le besoin d’une opposition violente pour contrebalancer l’inaction.

C’est un très beau roman que nous offre Alice Ferney. Il est porté par la poésie de sa plume, dans les plus beaux moments comme dans les plus ignobles. Elle atteint les profondeurs de l’océan et celle de nos émotions.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Clara et les mots
Page des libraires
La prophétie des ânes

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