« Le premier été » Anne Percin

Le premier été
Anne Percin
Rouergue, « la Brune », 2011
Actes Sud, « Babel », 2014

Je n'ai pas parlé. Le temps a passé, c'est tout.

Deux sœurs se retrouvent pour vider la maison de leur grand-mère récemment décédée. C’est dans cette maison qu’elles venaient passer l’été plus jeunes. Les souvenirs remontent. Catherine se souvient d’un été crucial pour elle, celui de ses 16 ans dont de nombreux moments sont restés secrets.

premier eteJe l’avais gardé longtemps sous le coude ce roman. Comme je l’ai déjà dit, pour moi, les romans d’Anne Percin sont des gourmandises que je me garde de côté pour les moments où ma lecture s’affaisse sur elle-même. Encore une fois, je n’étais pas déçue.

Deux sœurs très différentes. L’une très sociable qui flirte facilement avec les garçons et se lie d’amitié avec tout le monde ; l’autre, plus réservée, préfère les balades en solitaire et se demande si ce décalage durera toujours, si elle réussira un jour à prendre l’amour aussi facilement que sa sœur. Cet été-là, Catherine est au seuil de l’adolescence et s’apprête à vivre des moments qui la marqueront à jamais.

Les deux jeunes filles s’intègrent à un groupe de colo qui passe son été là. Certains jeunes du village s’y ajoutent également, comme ce jeune garçon mystérieux et décalé auquel Catherine s’attache dans la plus grande intimité. Elle comprend bientôt que ce garçon est une sorte de paria, « l’idiot du village » comme on dit. Et pourtant. Et pourtant elle vit des moments d’une beauté très pure avec lui. Elle échange sans parler. Elle vit. Puis vient l’incontournable pression du groupe. Il faut faire comme tout le monde, sous peine d’en être exclue. Insultes, rejets, violence, cruauté. Catherine assiste à tout ça sans pouvoir prendre parti. Jusqu’au moment déchirant où cela devient inévitable.

On est au cœur de l’adolescence et de ses tiraillements, encore une fois parfaitement exprimés. Dans la poésie et la beauté des images. Dans l’horreur et le malaise. Dans la différence et la solitude. C’est beau et frappant, juste et vrai, et comme d’habitude très émouvant. On retrouve également la patte musicale de l’auteure qui cette fois-ci nous fait revivre les années 1980. Ca mériterait une playlist. Merci merci Anne Percin. J’en profite pour vous orienter vers son dernier roman paru à la rentrée, Les Singuliers, dans lequel on pénètre le monde de l’art. Il est déjà sur mon étagère!

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2 réflexions sur “« Le premier été » Anne Percin

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