« Sauvage » Bévière, Morvan, Hersent

Sauvage
Biographie de Marie-Angélique Le Blanc, 1712-1775
Aurélie Bévière
Jean-David Morvan
Gaëlle Hersent
Delcourt, « Mirages », 2015

Au XVIIIe siècle, la haute société parisienne s’émeut pour Marie-Angélique. Recueillie à l’état sauvage au coeur d’une forêt, elle en vient à bénéficier des faveurs de la reine. Ses origines intriguent les plus grands philosophes des Lumières. Mais pour Marie-Angélique, remonter le fleuve des souvenirs ne se fait pas sans peine.

sauvageOn ne refuse pas une bande-dessinée d’une aussi grande beauté quand elle se présente, surtout quand elle est couplée à un thème intéressant. La représentation du « Bon sauvage » passionnait les philosophes des Lumières, en particulier Rousseau, Montaigne et Voltaire — qui figure en guest-star dans cet album. Marie-Angélique est un rare exemple d’enfant sauvage ayant réussi à se réadapter complètement à la vie normale en société. Ayant vécu 10 ans à l’état sauvage complet, elle avait perdu toute notion de langage. Retrouvée dans la forêt de Songy, elle est intégrée à un couvent pour apprendre de nouveau à s’habiller, bien se tenir et retrouver un régime alimentaire normal. Telle qu’elle est décrite dans ces pages, c’est une femme très farouche mais empreinte d’une grande foi envers la Vierge Marie. Son adaptation en a coûté à sa mémoire et c’est beaucoup plus tard qu’elle entame avec quelques spécialistes, un retour sur ses propres origines.

Le personnage de Marie-Angélique me fait l’effet d’une grande force. Spirituelle d’une part, et aussi physique. Enfant, sa fuite est due à des maltraitances et des viols — là encore, c’est un exemple répandu chez les enfants sauvages. Après son retour en société, c’est une personne très recherchée. On aurait pu avoir peur qu’elle soit exhibée comme dans un cirque, mais l’histoire ne prend pas une tournure si glauque. Cependant, elle est incapable de nouer une relation avec un homme, et même si elle est intégrée à la société des intellectuels de cette époque, elle reste légèrement en retrait. Indépendante ou solitaire.

Outre sa grande beauté graphique, cet album est le fruit de recherches sérieuses des auteurs. Il existait déjà une biographie mais les auteurs ont fait eux-mêmes de nombreuses démarches pour raconter leur propre histoire de Marie-Angélique. Fidèle à leur vision, c’est une histoire sincère et belle. On alternance entre des moments parfois flous liés aux souvenirs et le calme de la vie parisienne. Que ce soit pour le plaisir des yeux ou pour la curiosité, on aime!

A savoir, pour les lecteurs chalônnais, une exposition sur l’album et une vente de tirages limités est organisée au salon de tatouage le « Sale quart d’heure », jusque fin mai! Profitez-en!

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Livresse des mots
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La 9ème bulle

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