« Moderne Olympia » Catherine Meurisse

Moderne Olympia
Catherine Meurisse
Futuropolis et Musée d’Orsay, 2014

Juliette avait-elle de l’eczéma aux fesses?
- Me suis encore assise sur du pop-corn.

Olympia cherche à faire son trou dans le milieu artistique. Entre figurations et petits rôles, elle galère et n’est jamais satisfaite. Elle voudrait rentrer dans le prestigieux groupe des « Officiels ». D’ailleurs, elle tombe amoureuse de l’un d’entre eux.

moderne olympiaJ’ai mis un an à lire cette bande-dessinée. Quelle perte de temps! Alors que j’ai tellement ri. Bienvenue dans le monde impitoyable de l’art. Votre culture générale est mise à l’épreuve. Le lecteur passe un vrai blind-test des œuvres d’art présentes au Musée d’Orsay, mais placées dans un contexte de pop culture, si je puis dire. Et c’est un surprenant mélange. Le musée prend littéralement vie dans cette histoire où la fameuse Olympia sort de son cadre pour rencontrer la vraie gloire. Elle veut figurer dans de grandes « toiles ». Des toiles qui se montent exactement comme au cinéma. On rentre donc dans les backstages d’œuvres connues de tous, et pour certaines, c’est vraiment hilarant et loufoque… Voir le lâcher de Nymphes par avion, plus bas.

C’est une parodie de notre monde moderne : les starlettes font des caprices aux réalisateurs. Les figurants connus occupent le devant de la scène. Les autres n’ont que les rôles secondaires. Outre ces références à l’art, il y a donc en parallèle des références culturelles beaucoup plus récentes. Jetez un coup d’oeil à la couverture, un habile mélange de Manet et West Side Story. Elle résume tout l’esprit de la bande-dessinée de manière parfaite. Et soyez attentifs, car les clins d’œil sont cachés dans les plus petits détails! La bande-dessinée mettra en valeur des personnages que vous n’aviez pas remarqué dans les tableaux, et vous devrez chercher la petite bête dans les cases (un indice… les ombres Disney). Un vrai jeu de piste!

moderne2Enfin, cerise sur le gâteau, l’humour. Cet album est puissamment drôle. Parce que ce n’est pas suffisant de secouer un peu les méninges et de gagner en culture générale, en plus, Catherine Meurisse nous fait rire. C’est le combo gagnant. Et c’est le moment pour une anecdote personnelle : j’ai lu cette bande-dessinée le lendemain des attentats à Charlie Hebdo, l’ambiance de frayeur palpable dans la rue comme au travail. Je tournais les pages entre deux mises à jour du fil d’actualité, et j’ai ri. J’ai ri parce que c’était salvateur et que je ne pouvais tout simplement pas m’en empêcher. J’ai désormais un attachement énorme à cet album.

Catherine Meurisse secoue les conventions, invente une histoire truculente, tendre, originale, surprenante, ludique et intelligente. Je ne sais quoi dire d’autre. Merci Catherine!

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Comixtrip
Plaisirs à cultiver
La bédéthèque idéale de Télérama (rien que ça!)

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