« Gemma Bovery » Posy Simmonds

Gemma Bovery
Posy Simmonds
Denoël, « Graphic », 2000

gemma boveryGemma et Charles Bovery se marient. Leur vie londonienne les étouffe alors ils décident de partir en Normandie. Sous les yeux du boulanger Joubert, la triste destinée de Gemma se déploie pour rejoindre son double littéraire maudit.

Il y a quelques années, j’avais lu Tamara Drewe avec un grand plaisir. Et vu l’adaptation au cinéma avec plaisir. Cette année, j’ai réitéré l’expérience avec Gemma Bovery, roman graphique réédité à l’occasion de son adaptation au cinéma dans un film réalisé par Anne Fontaine.

Et si on prenait du Flaubert et qu’on le mettait au goût du jour à la sauce britannique? Vous avez la recette de Gemma Bovery. Gemma est hantée par l’ennui. Elle a beau changer de maison, quitter son pays, rien n’y fait. Elle est la parfaite insatisfaite. Si elle se rapproche de son sosie littéraire, Gemma est cependant une femme moderne. Posy Simmonds laisse à l’œuvre de Flaubert les dangers de la lecture pour les femmes… Gemma est artiste, elle travaille. Mais elle n’a pas la fibre maternelle et trompe son ennui dans l’adultère.

gemma bovery filmJoubert, le boulanger, interprété dans le film par un délicieux Fabrice Luchini, est un ancien éditeur. Fasciné par le personnage d’Emma Bovary, il va projeter ses fantasmes littéraires sur Gemma. Plus que spectateur, il s’imagine metteur en scène et se prête une responsabilité dans les événements tragiques qui suivent. Il prend la place du narrateur, une place loin d’être neutre puisqu’il est persuadé d’avoir une influence sur la vie de Gemma.

C’est avec Gemma Bovery que Posy Simmonds a commencé la bande-dessinée. Elle publiait l’histoire par morceaux dans le journal anglais The Guardian. Elle reprend le même principe de détournement d’œuvre littéraire dans Tamara Drewe, où elle pastichait Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy. Elle adapte les personnages à notre époque, fait des clins d’œil à des romans aimés, et apporte un vrai plaisir de lecture avec ses dessins. Tantôt académiques et très léché, tantôt caricatural et simple, son trait varie en fonction des moments et des émotions.

Quant au film, il est adapté très fidèlement. On y retrouve Gemma (tiens, tiens!) Arterton qui jouait déjà dans « Tamara Drewe » (tiens, tiens!). Un bon film et un bon roman graphique. Ne vous en privez pas!

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Neuvième art – Cité BD
Altersexualité
Les écrans de Claire

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s