« Le Pavillon des Hommes » Fumi Yoshinaga

Le Pavillon des Hommes
Fumi Yoshinaga
11 tomes, série en cours
Kana, « Big », 2009

Quelle tristesse de voir tant de beaux et talentueux garçons 
dont le cœur est rongé par l'orgueil.

pav1Japon, XVIIe siècle. Le pays est sous l’emprise d’une épidémie dévastatrice : la variole du Tengu. Elle touche seulement les jeunes garçons, si bien que la population masculine se voit sévèrement diminuer. Dès lors, le rapport de force entre les sexes s’inverse et une société matriarcale s’invente. Au palais du shogun, il existe désormais un pavillon regroupant tous les plus meilleurs jeunes hommes encore en vie.

Que serait un monde dominé par les femmes? Attention, ne vous trompez pas, nous ne sommes pas du tout dans une optique féministe. Avec un prétexte très crédible — une maladie inconnue — la mangaka inverse les rapports de force sexuels de la société. Le premier tome de la série plonge le lecteur directement dans cette société déjà assise, pour mieux revenir dans les tomes suivants sur la lente évolution. Ce n’est en fait qu’une adaptation à de nouvelles conditions, et non pas une prise de pouvoir des femmes. Les hommes ne sont plus là pour travailler, il faut bien tenir les champs, les maisons, le pays.

pav3Au cœur du pavillon s’exercent des luttes de pouvoir très fortes. D’abord soldats, les hommes constituent peu à peu un harem pour un dirigeant femme, qui se doit de produire un héritier. Et là où il y a les potentielles faveur d’une personne puissante, il y a concurrence acharnée. Certaines situations, qui dans la réalité s’appliquent aux femmes mais qu’on considère comme régulières mais sur lesquelles on ne s’attarde plus forcément, sont d’autant plus choquantes avec les hommes. La manière dont ils se vendent comme objet sexuel ou comme moyen de se reproduire, par exemple. C’est au lecteur de faire l’aller-retour entre l’histoire et la réalité et d’en tirer ses propres leçons.

Enfin, il faut souligner à quel point les détails graphiques sont soignés, tout particulièrement les costumes. Le trait est très féminin, y compris pour les personnages masculins, mais cela sert parfaitement l’intrigue. C’est une série que je mettrais facilement entre les mains de lecteurs non initiés au manga. Elle offre une réflexion intéressante sur la société, ainsi qu’une histoire d’amour et même un peu de suspense.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Les Inrocks
Le Grenier à livres
Liratouva 2

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