« Les enfants de chœur de l’Amérique » Héloïse Guay de Bellissen

Les enfants de chœur de l’Amérique
Héloïse Guay de Bellissen
Anne Carrière, 2015

Rentrée littéraire 2015

Je suis seul, le flingue à la main, seul, 
vivant du trop-plein de ne jamais mourir.

1980. Mark Chapman tue John Lennon et John Hinckley tire sur Ronald Reagan. Deux actes meurtriers perpétrés par des esprits torturés débordant d’amour, deux enfants nés de la mamelle de leur mère patrie.

enfantsCela va être très difficile de parler de ce roman. Pour sa seconde publication après le très bon Roman de Boddah, Héloïse Guay de Bellissen se plonge dans les entrailles vicieuses qui ont donné naissance à des âmes damnées. Quand on commence une histoire dans les bras de Mère Amérique, on se dit que le rêve n’est pas loin, le fameux, l’immortel, rêve américain. Ce rêve d’une vacuité indescriptible sur lequel se sont pourtant appuyé des générations entières. Pour nos deux protagonistes, Mark et John, les valeurs que l’ont pense inébranlables s’écroulent : famille déchirée, pas d’amis, ils n’ont pas de refuge sauf dans l’imaginaire. Les morts s’animent et deviennent des fantômes qui peuplent leur cœur, les personnages de romans prennent vie.

Ce n’est pas pour leur réconfort, au contraire. Leur cœur s’alourdit des peines des autres et nourrit des passions étouffantes et si fortes qu’ils en développent des fixations. Cela semble le seul moyen de se sauver : porter tout son amour sur une seule personne. Pour Mark Chapman, c’est John Lennon, et pour John Hinckley, Jodie Foster à qui il écrit des lettres d’amour. Ces passions, infectées par leur mal-être, deviennent toxiques, et à leur paroxysme, meurtrières.

La narration oscille entre Mark et John, qui nous offre chacun une plongée dans les tréfonds de leurs cerveaux. Et de l’autre côté, nous avons le Choeur de l’Amérique et Holden Caulfield. Les quatre ventricules du coeur. C’est un face à face entre deux jumeaux qui s’ignorent et ce qui les nourrit, car tous les deux se dirent très influencés par le personnage de Salinger. Il vit pour nous et pour eux, et montre la solitude d’un personnage de papier réutilisé par des lecteurs fous.

On ne manque ni de violence ni d’angoisse dans ces pages. Les mots vous giflent les uns à la suite des autres. Ce roman n’est qu’une succession de phrases pleines de brutalité et de poésie. Héloïse Guay de Bellissen met entre nos mains un roman qui brûle le cœur et laisse sa marque dans les esprits.

A paraître le 27 août 2015

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