« Chiisakobé » Minetaro Mochizuki

Chiisakobé
Minetaro Mochizuki
D’après le roman de Shugoro Yamamoto
Editions le Lézard Noir, 2015

Shigeji vient de perdre ses parents charpentiers dans l’incendie du bâtiment de leur entreprise. Endeuillé, il décide pourtant de garder l’entreprise à flots par ses propres moyens. Pour s’occuper de la maison, il accueille la jeune Ritsu, accompagnée de jeunes enfants dont l’orphelinat a également brûlé et qu’elle ne veut pas abandonner.

chiisakobeLe grand mystère du sentiment japonais. En France, nous les appellerions sans doute des « taiseux ». Shigeji gère la disparition de ses parents avec une apparente froideur qui cache un chagrin bien plus profond. Celui-ci s’exprime sans doute à travers la persévérance et l’opiniâtreté de Shigeji à vouloir reprendre la firme familiale. Face à lui, Ritsu. Jeune femme qui lui renvoie son regard blasé, qui elle aussi a un passé difficile. Tout aussi têtue, elle exprime son désaccord et défend ce à quoi elle tient avec tempérance et sans jamais s’énerver, malgré une agitation profonde. Les enfants qui les entourent mettent en valeur par leur comportement la retenue extrême des deux adultes qui doivent trouver comment se déchiffrer l’un l’autre.

En quelques touches, voilà les portraits que nous peint le mangaka. Adapté d’un roman, cette histoire nous offre des personnages d’une grande profondeur pour qui on ressent beaucoup d’empathie. Ils sont pétris de valeurs morales très fortes, notamment celle consistant à faire passer ses intérêts personnels en second. Le dessin est extrêmement pur et précis, ce qui peut aussi ajouter à l’imperturbabilité des personnages. Mais les angles choisis et la mise en page contribuent énormément à intégrer une dose importante de subjectivité dans le récit. Les mains en gros plan, les angles en contreplongée ou les personnages dessinés de dos n’en sont que quelques exemples.

Une histoire très belle, pleine de sensibilité, qui pourra aussi plaire aux lecteurs aguerris de mangas comme aux non-initiés. Un beau paradoxe sentimental : une plongée dans la douleur qui s’avère rassurante. Merci à Nostroblog pour la découverte ! Je guette le tome 2 avec impatience.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Nostroblog
Chronicart
D’une berge à l’autre

chii1

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