« Les Cinq Cents Millions de la Bégum » Jules Verne

Les Cinq Cents Millions de la Bégum
Jules Verne
Livre de Poche, 2002 (1879)

C'est un coup de canon à effet 
à la fois instantané et durable!... 
Aussi, avec mon système, 
pas de blessés, rien que des morts!

Le docteur Sarrasin et Herr Schultze se partagent une énorme fortune laissée par une veuve au lien familial très éloigné. Chacun décide d’employer cette incroyable fortune à la construction de deux villes idéales selon leurs fondateurs respectifs.

begumJe continue ma découverte de Jules Verne avec un autre roman relativement peu connu. Les Cinq Cents Millions de la Bégum est un texte relativement décalé dans lequel on sent le poids du contexte historique récent et à venir. Dans ce récit, deux visions s’affrontent. D’abord, celle du français, le docteur Sarrasin, qui bâtit France-Ville. Cette ville fonctionne selon des principes hygiénistes, où la bonne santé et le bien-être du citoyen est la priorité. Elle est gérée par un comité et non par son fondateur. La vision de Herr Schultze est bien différente. Il érige Stahlstadt, la Cité de l’Acier, à quelques kilomètres de France-Ville. L’endroit pousse l’industrialisation à son maximum et produit des canons et des armes de guerre gigantesques afin de faire tomber France-Ville, et à long terme, d’imposer la grandeur de l’esprit germanique au monde. Son fondateur en est le tyrannique dirigeant.

begumLa guerre de 1870 laisse des marques fortes dans les esprits. Le jeune et fougueux Marcel, dont on précise à nombreuses reprises qu’il est Alsacien, devient espion pour le compte du Docteur Sarrasin afin de connaître les plans bellicistes de Herr Schultze. La montée en puissance de l’industrialisation et surtout la surenchère de la production d’armes et des innovations en termes de technologies militaires annoncent déjà la Première Guerre Mondiale. De plus, chose un peu difficile à lire de nos jours, on nous dresse un portrait fort peu flatteur des Allemands. Herr Schultze est un savant fou mais relativement médiocre aussi. Il peut éventuellement être considéré comme un personnage tout à fait exceptionnel, qui ne représente pas son peuple. Mais certains traits de caractères définis comme typiquement allemands offrent une image très ridicule des habitants de la cité de l’Acier : par obéissance aveugle aux ordres, ils n’ouvrent jamais le courrier de leur chef et par conséquent, leur cité s’effondre sous le poids des dettes.

Les Cinq Cents Millions de la Bégum est un roman qui a besoin d’un fort point d’ancrage historique pour être bien lu. Outre l’action trépidante, il montre la victoire d’une pensée rationnelle face à la tyrannie et l’ambition démesurée d’un seul être. On y voit l’importance de la finance et de la bourse qui cause la chute de la grande cité, thème récurrent chez Jules Verne. Cependant, ce n’est pas un pamphlet contre la guerre. L’instinct conquérant du peuple allemand est pourtant un sombre présage pour les lecteurs d’aujourd’hui qui connaissent le déroulement de l’Histoire. Ce qui n’empêche pas d’être agacé par les nombreux clichés lus dans ces pages…

begum
Illustrations originales de Bennett. (c) Gallica
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