« Est-ce qu’on pourrait parler d’autre chose? » Roz Chast

Est-ce qu’on pourrait parler d’autre chose?
Roz Chast
Trad. de l’américain par Alice Marchand
Gallimard, « Bande-dessinée », 2015

Un de mes amis a une excellente règle 
pour ce qui est de vider la maison de vos parents : 
si vous ne pensez pas que vos enfants le voudront, ne le prenez pas.

Roz voit ses parents diminuer peu à peu. Les accompagner dans leurs dernières années est un périple tumultueux.

roz chastAprès toute cette polémique autour des femmes auteures (désolée, « autrice » sonne affreusement mal à mon oreille), je me rends compte que dans ma procrastination de fin d’année, j’ai mis de côté deux très bonnes BD écrites par des femmes. C’est le moment de bien commencer l’année. Est-ce qu’on pourrait parler d’autre chose? est le premier ouvrage de Roz Chast traduit et publié en France et il a de quoi marquer les esprits. Dans ce long récit, elle explique comment elle a accompagné ses parents sur les dernières années de leurs vies. Il existe des personnes âgées calmes, stables et qui décèdent en ayant conservé toute leur indépendance. C’est notre rêve à tous. Dommage pour Roz : un père névrosé et sénile, une mère autoritaire et peu expansive, qui ont tous les deux eu besoin de vivre dans des maisons spécialisées et de subir un suivi médical important… Elle a donc eu le droit à toutes les étapes de l’accompagnement de la vieillesse.

C’est un voyage semé d’embûches entre les aides à domicile, les problèmes d’incontinence, le déni de la mort, la maison à vider, l’opiniâtreté des parents, les souvenirs qu’on remue, les crises de sénilité et les problèmes d’argent dont elle se sort avec beaucoup d’humour, de tendresse et quelques cabrioles. Pour la fille comme pour les parents, la vieillesse recèle de pièges à contourner et demande beaucoup de patience. Évidemment, il y a des moments de doute, de tristesse et de ras-le-bol. C’est une tâche de longue haleine, une vraie course de fond.

Il est vraiment rare de trouver une bande-dessinée qui traite de la vieillesse de manière aussi juste et personnelle. L’auteure livre beaucoup d’éléments très intimes sur ses relations avec ses parents. Plusieurs années après leur mort, elle ne les idéalise pas, et ne dissimule pas les mauvais côtés de leurs relations. C’est une autobiographie pleine d’humanité et d’empathie. C’est le genre d’ouvrage qui me semble terriblement difficile à écrire mais qui s’avère sans doute libérateur et également utile car il pourrait presque faire office de mode d’emploi pour les personnes qui doivent gérer leurs parents!

A ne pas manquer!

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Chronique de Pénélope Bagieu sur Madmoizelle
Onlalu
Le site des aidants
La Case de l’Oncle Will

est-ce-qu-on-pourrait-parler-d-autre-chose-head3

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s