« California Dreamin' » Pénélope Bagieu

California Dreamin’
Pénélope Bagieu
Gallimard, 2015

Vous êtes quatre. Mais avec toi qui chantes, ma belle, 
vous êtes dix.

cd-pbAvant toute chose, soyez prévenus. Il suffit d’un seul coup d’œil au titre de cette bande-dessinée pour avoir la chanson dans la tête toute la journée. Dans le fond, ce n’est pas tant un problème, puisqu’elle est magnifique. Mais son côté mélancolique, éclairé doucement par le récit de Pénélope Bagieu, vient hanter le cœur longtemps après les dernières notes.

Ellen Naomi Cohen naît à Baltimore. Son père, modeste propriétaire d’une épicerie casher, est mordu d’opéra et chante avec sa fille. Elle ne s’en lasse pas. Très vite, son rêve et ses ambitions grandissent, tout comme… son ventre. Sa corpulence ne passe pas inaperçue. Qu’importe, elle retournera l’inconvénient de ce surpoids pour en faire une chance et tenter se faire connaître dans une époque où l’on s’extasie sur les 41kg de la toute jeune Twiggy. Ellen se métamorphose en Mama Cass Elliott et cherche à tout prix à percer dans la musique. Elle chante, elle chante et entraîne dans son enthousiasme contagieux ses amis musiciens les plus proches.

Ces danseuses donnent littéralement tout ce qu’elles ont!

Derrière le masque d’allégresse permanente se cache pourtant de terribles insécurités, des peines de cœur inconsolables et une méfiance constante envers les membres du sexe féminin. Cette méfiance, elle l’exerce particulièrement envers Michelle Phillips, seconde chanteuse du groupe The Mamas and the Papas. La peine de cœur est creusée par l’indifférence de Dennis Doherty. Mais elle persiste et, de plus, lutte contre l’autoritarisme musical de John Phillips, le compositeur. Peu à peu, malgré les obstacles, ils font chemin ensemble vers une des plus belles chansons qui soit.

Cette sensibilité exacerbée, ce caractère extravagant, cette personne éclatante, Pénélope Bagieu nous la dessine en beaux traits de crayon noir. Ce tracé, c’est ce qui m’a poussé à lire cet album. Je savais pertinemment qu’il serait réussi et que j’assisterais à une étape cruciale dans la carrière de Pénélope. Je ne me suis pas trompée. Le dessin gagne en maturité et en tendresse, ses imperfections transmettent tout autant d’émotion que l’histoire qu’il raconte. C’est simple, sobre et élégant pour décrire un personnage haut en couleurs, désespérément sensible et par moments vraiment hilarant mais qui dissimulait de profondes meurtrissures.

Cet album EST l’esprit de California Dreamin‘, California Dreamin‘ EST l’esprit de Mama Cass. L’esprit de Mama Cass EST dans l’album. Et la boucle est bouclée.
Une des meilleures BD de l’année 2015.

On aime? On n’aime pas? Allez donc voir par là
Shut up and play the books
Onlalu
Bricabook
Interview de Pénélope Bagieu sur France Inter

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