« Un roman anglais » Stéphanie Hochet

Un roman anglais
Stéphanie Hochet
Rivages, 2015

Un réconfort, ça ne vous retient pas, 
ça ne contient pas l'élan destructeur qui loge en soi.

Mi-décembre, j’ai été invitée à une rencontre littéraire organisée par Héloïse Guay de Bellissen et son mari Yann Dotwork dans son salon de tatouage de Romainville, le Marin Encreur. Cette première soirée (nommée « Tattoo Lu », petit jeu de mots…) se tenait en présence de Stéphanie Hochet et de l’acteur Manuel Blanc qui ferait une lecture du roman Sang d’encre. Mon âme profonde de procrastinatrice a été piquée au vif. Moi qui connaissais Stéphanie Hochet depuis Pétronille, il fallait que je me mette à la lecture d’au moins un de ses romans pour ne pas arriver la tête vide. Si je commençais par le dernier.

ra-shJ’ouvre les pages du Roman anglais et je rencontre Anna Whig. Elle vit dans la campagne anglaise de 1917 avec son mari horloger, un homme distant et absorbé par sa passion, et son fils Jack, un jeune enfant agité et très demandeur d’affection. Anna lui cherche une garde d’enfant, George, jeune homme cardiaque et fragile, mais très pédagogue et sensible. Celui-ci s’acquitte de sa tâche de manière bien trop brillante. Le mari le regarde d’un œil soupçonneux et Anna se laisse lire comme un livre ouvert.

Au fil des pages, je vois Anna changer, me raconter les zones d’obscurité de son cœur, ses doutes et ses angoisses. Cet enfant qu’elle ne sait pas aimer comme il faudrait. Ce cousin disparu à la guerre qu’elle recherche en vain. Un mariage faible et froid qui étouffe l’étincelle de vie en elle. L’arrivée de George cristallise toutes ses peines si bien que je le vois comme un messager de la fatalité.

Je goûte à ce roman et il me fait un effet de madeleine de Proust. Je revois des images du film The Hours comme des flashs, je retrouve les introspections qui hantent la prose de Virginia Woolf. C’est une immersion parfaitement réussie : un pragmatisme anglais imbibe les lignes, le combat intérieur nous happe. Ce n’était pas un pari évident que de parvenir à plonger le lecteur dans cette époque en restant authentique. Stéphanie Hochet me disait lors de cette soirée qu’elle considère ce roman comme un tournant dans sa carrière. Je m’en vais de ce pas découvrir les autres étapes franchies, en attendant la suite!
A venir : la critique de Sang d’encre.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Nicolas Houguet
L’ivre de lire
Miss Alfie

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s