« Deathco » Atsushi Kaneko

d-akDeathco
Atsushi Kaneko
Trad. du japonais par Aurélien Estager
Casterman, 2016

La Guilde est une mystérieuse organisation qui se charge de punir les malfrats trop ambitieux. Les Reapers sont envoyés pour couper court à leur carrière et à leur vie. Deathko, adolescente mélancolique, est la meilleure d’entre eux.

Les yeux fermés, j’ai acheté ce manga après l’avoir vu conseillé par Nostroblog. Enfin, pas tout à fait. Évidemment, j’ai été séduite par le visuel, donc d-ak2j’avais malgré tout un œil ouvert. Ce manga avait l’air de me promettre un bon moment.

Je continuerai encore longtemps à m’extasier de la capacité des mangakas à nous emmener au cinéma sous forme papier. Deathco est une incursion dans un univers dystopique, entre le film noir et l’horreur. Les Reapers sont des gens comme vous et moi qui exécutent des bandits aux dents longues. Pour accomplir leur mission, ils sont déguisés, et ces masques donnent le ton de leur assassinat. Clowns, zombis, pom-pom girls et autres Dracula sont autant de références à une culture classique de l’horreur. Mais si Deathko est si bonne à ce qu’elle fait, c’est qu’elle sait construire une ambiance. Elle rôde, elle menace, se laisse apercevoir, fait monter l’angoisse. De macabres jouets détournés de leur usage lui tiennent lieu d’armes. A la limite entre enfance et adolescence, Deathko puise dans la sauvagerie la plus pure pour son assaut fatal.

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Enfance et violence. Ma fibre burtonienne me titille.

Deathko glace le sang. Je suis restée fascinée devant ces planches aux portraits grimaçants. Et très vite, je me suis attachée à elle. Il ne suffit pas à un personnage de faire peur, il faut également qu’il soit humain. Deathko est une gamine effrayante mais aussi dépressive et boulimique, remplie de haine et étouffée par son mal-être. Entre deux missions, elle alterne entre des phases d’apathie et des moments d’anticipation hargneuse. Elle est est déchirée entre la brutalité et la faiblesse ; je suis dans l’empathie.

nuageAprès la lecture du très bon article de Meloku dans Anime Land, j’ai découvert qu’Atsushi Kaneko a improvisé ce manga… Stupéfaction. Parce le rythme est incroyablement bien tenu, le suspense prend, l’histoire se déroule sans accroc comme calculée au millimètre près. Quant au dessin, il m’a ravie. Ce noir et blanc très tranché dessert parfaitement cette intrigue gothique. Deathko a des mimiques de punk incontrôlable.
Des pages qui s’impriment au fond de la rétine pour y rester, un moment de lecture jouissif. Lisez-le, et conseillez-le autant aux lecteurs de mangas aguerris qu’aux non-initiés adeptes du thriller.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Nostroblog
Télérama
ActuaBD

deathcotheque

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