« Tebori » Robledo, Toledano

Crois-moi. Être mangaka, c’est le meilleur moyen de crever la dalle… Au moins, quand t’es tatoueur, c’est pas le boulot qui manque.

Japon. Yoshi est une forte tête et fréquente un gang de jeunes motards. Pour le remettre dans le droit chemin, il est envoyé chez le maître Seijun pour apprendre la technique de tatouage du tebori.

Une BD sur le tatouage, c’est suffisamment rare pour que je me jette dessus. Le duo espagnol explore le monde du tatouage japonais – le voyage est à l’ordre du jour. Le tebori désigne les techniques de tatouage à la main. Rigoureuses, douloureuses et minutieuses, ces techniques prennent part à un vrai rituel, à l’inverse du matériel à usage unique couramment utilisé. Le tebori est une cérémonie, une rencontre entre le tatoueur et le tatoué. L’un écoute l’autre et transcrit ses désirs sous forme graphique, dans un acte symboliquement fort. C’est une technique qui prend des années à maîtriser et dont les clients sont particulièrement exigeants.

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Yoshi est introduit par son maître auprès d’un public confidentiel : les yakuzas. C’est assez peu discrètement qu’ils arrivent, voitures luxueuses et costume trois pièces, en passant par une porte dérobée. Il doit faire ses preuves auprès de cette communauté qui passe rapidement le mot de son talent. Il tend l’oreille à leurs histoires, apprend à ne pas les juger et à préserver leur secret pour produire une œuvre unique. Son talent artistique est lié à une grande responsabilité. Ce nouveau public à satisfaire est un passage à l’âge adulte pour l’ancienne tête brûlée.

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L’album se conclut par un beau cahier de croquis qui montre les recherches graphiques liées aux personnages et aux tatouages. Un connaisseur sur le monde des yakuzas aurait peut-être à redire sur l’intrigue, cependant étant une parfaite non-initiée, j’ai bien aimé l’ambiance thriller qui se développe au long de cette introduction. Le thème du tatouage, outre la jouissance graphique, permet de faire une image à double-face du Japon. Le quotidien du tatoueur est bien représenté également : les douleurs physiques – pas seulement celles du tatoué! -, les clients tatillons ou bien parfaitement stupides, la discipline du tatoueur traditionnel. Le tout se termine dans un cliff-hanger qui laisse sur sa faim.

Prochain tome de la trilogie à paraître en septembre.

Les avis de Bodoï, Sin City, et Bulles et Onomatopées.

Tebori, 1, José Robledo, Marcial Toledano
Dargaud, 2016, 13.99€

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2 réflexions sur “« Tebori » Robledo, Toledano

  1. c’est marrant, j’ai repéré il y a peu un album jeunesse qui évoque le tatouage (« tu me racontes tes tatouages? » chez Rue du monde), que j’aimerais beaucoup lire, et j’ajoute maintenant le titre que tu présentes et qui me tente beaucoup aussi !

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