« A l’orée du verger » Tracy Chevalier

Tu peux choisir d’être différent de ton passé. Et ce choix-là, tu l’as fait pas vrai?

Nouveau roman de Tracy Chevalier, nouvelle aventure. 1838, Ohio, Etats-Unis. Dans un détestable marais, le Black Swamp, la famille Goodenough cultive des pommes. La tension et la haine entre James, le mari, qui veut cultiver de délicieuses pommes de table et Sadie, sa femme, qui souhaite faire pousser des pommiers à alcool est palpable. Violences, coups bas, maltraitances, une atroce théâtralité s’étale devant les enfants de la famille. Au milieu de ce combat, l’influence du pionnier Johnny Appleseed. Au paroxysme d’une lutte acharnée, Robert, le jeune fils, quitte la famille pour toujours et commence un long voyage pour traverser le pays. Il hérite de son père un profond amour de la nature, qui se transforme en passion pour les arbres lorsqu’il rencontre William Lobb, un botaniste chargé de récupérer des pousses de séquoias, des arbres géants, pour les expédier dans son Angleterre natale.

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Une fois n’est pas coutume, Tracy Chevalier place un jeune garçon au centre de son récit. Robert peut être une sorte de rêve américain de la première heure. Il suit des pionniers et des chercheurs d’or. Il cherche sa voie en travaillant dur, ne sachant jamais de quoi le lendemain sera fait. Quel terreau peut bien représenter cette terrible famille pour lui, qui s’est toujours senti à part? Quand sa sœur, la délicate Martha, le retrouve après plusieurs années, elle est enceinte. Pour un homme qui a construit sa vie d’adulte dans la liberté, le poids de l’attachement va doucement venir l’enlacer.

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C’est en observant la vie du plus humble que l’auteure réussit à déployer toute les teintes sensibles de sa plume, depuis les sommets du désespoir et de la pauvreté jusqu’aux heures de fascination face à la beauté de la nature.  Robert et Martha ne peuvent qu’assumer ce passé douloureux. Personnages tendres, honnêtes et authentiques, ils sont liés par un fort amour fraternel. Même si Robert est au premier plan, il est entouré de personnages féminins forts dont l’auteure ne saurait se passer. Les éditeurs non plus ne pourraient pas s’en passer puisque les femmes ont la place d’honneur sur les couvertures. Une atmosphère pesante et noire, et une certaine indolence couvrent le récit. Un beau roman, agréable à lire, même s’il ne détrône pas mon favori de Tracy Chevalier, Prodigieuses créatures.

Les avis de Garoupe, Au Bordel Culturel, Culturellement Vôtre.

A l’orée du verger, At the Edge of the Orchard, Tracy Chevalier
Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff
Quai Voltaire, 2016. 380 p., 22.50€
Enfin un garçon...
Enfin un garçon…
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3 réflexions sur “« A l’orée du verger » Tracy Chevalier

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