« Le rouge vif de la rhubarbe » Audur Ava Olafsdottir

Rentrée littéraire 2016

Tu as des jambes d’ange. Qu’est-ce qui t’es arrivé? Tu as eu un accident ou tu es née comme ça?

En équilibre sur ses béquilles, c’est ainsi que marche Augustina. Privée de l’usage de ses jambes depuis sa naissance, elle souhaite plus que tout pouvoir gravir la montagne, sans l’aide de personne.

Reprendrez-vous un peu du délicat style d’Audur Ava Olafsdottir? Oui, avec plaisir. Cette fois-ci, nous suivons une adolescente infirme, qui évolue en bordure de la vie. Son esprit poétique et décalé se fixe sur les petits détails et c’est à travers ce prisme que le monde est décrit dans son récit. Des fragments de lettres, des miettes de souvenirs, des petites tranches de vie que le lecteur reconstitue. Dans les morceaux éparpillés de son histoire, Augustina cherche un sens, une explication à son destin immobilisé. Comme une enfant, elle a besoin qu’on lui répète son histoire encore et encore. La brève histoire d’amour de ses parents puis sa naissance inattendue et douloureuse. Sa mère, chercheuse toujours en voyage, est une éternelle absente qui l’aime depuis d’autres horizons, et qui lentement reconstruit sa vie loin de son Islande natale. Deux personnages viennent briser sa solitude : Nina, femme seule qui l’élève et Salomon, un jeune garçon de son âge, qui lui réchauffe le cœur.

rhubarbe-islande

Ici, il n’est pas déplacé de parler de la « plume » d’Audur Ava Olfasdottir. J’ai rarement lu des lignes capables de concilier aussi bien la souffrance et la légèreté. D’un côté, une douleur implicite : jamais d’apitoiement, mais de la pudeur et du non-dit. Augustina cherche la complétude, elle cherche à saisir le monde dans son entièreté depuis le haut de la montagne. C’est tout autant un défi physique que psychologique. De l’autre, un style méditatif et calme, léger comme l’éternelle neige islandaise et pourtant tellement chargé d’émotions. L’un et l’autre s’équilibrent et font naître ce beau roman de la fragilité humaine.

A paraître le 1er septembre 2016

 

Le rouge vif de la rhubarbe, Audur Ava Olafsdottir
Trad. de l’islandais par Catherine Eyjolfsson
Editions Zulma, 2016. 156 p. 17.50€
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