« Pas exactement l’amour » Arnaud Cathrine

Pas exactement l’amour
Arnaud Cathrine
Editions Verticales, 2015

Il y a une vie devant.
 Que je n'ai pas envie de vivre.
 Que je vivrai pourtant.

Amour contrarié, amour impossible. Amour qui se termine ou ne commencera jamais. Amour qu’on tait, amour brutal. Amour entre deux hommes, entre deux femmes. Amour, ce sentiment protéiforme.

pas exactement l'amourQuand on titre un recueil de nouvelles Pas exactement l’amour, la question bête qui me vient à l’esprit c’est « alors, l’amour, c’est quoi exactement? » Arnaud Cathrine n’a certainement pas l’ambition de répondre à cette question. Cependant, avec ces nouvelles, qui racontent des histoires « pas exactement » d’amour, il dessine en creux une autre idée de ce grand sentiment. Le lecteur verse ce qu’il veut entre les lignes. Désirs, souhaits, fantasmes, tout est possible. Il peut facilement s’identifier aux personnages subissant ces douleurs amoureuses.

L’exercice de la nouvelle n’est pas aisé, ni pour l’écrire ni pour la lire. Arnaud Cathrine est un de ces auteurs qui réussit à vous mener où bon lui semble. Sans aucune trace de déception. On lit des parenthèses de vie, des moments. A chaque histoire sa narration, à chaque douleur sa prose. Récits croisés, prose poétique, moments d’introspection. Le lecteur est privé de recul, tout plongé qu’il est dans ces spectres intimes. C’est une plongée indispensable pour exprimer la douleur qui noie, la solitude qui étouffe. Certains cœurs seront prolixes et d’autres condenseront en peu de mots tout leur chagrin.

Exit les happy end de contes de fée. Ici l’amour blesse. Il hante les souvenirs convoqués par une odeur, un lieu, un cocktail. Cependant, jamais nous ne perdons de vue que même si l’amour peut s’effacer, la vie reste. Les gens changent et s’éloignent mais il n’y a pas d’impasse. Les blessures se referment, les cicatrices restent. Il faut apprendre à vivre avec. Il faut apprendre à retrouver l’espoir et renaître des cendres de son cœur.

On aime, on n’aime pas? Allez donc voir par là
Site d’Arnaud Cathrine

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Il n’aimait pas dormir, contrairement à elle. Dormir signifiait : quitter l’autre. Même enlacés au lit, cela revenait quand même bien à quitter l’autre.
Qui s’endormirait (s’éloignerait de l’autre) le premier? Qui céderait le premier à l’insignifiante et ordinaire trahison?
P33

Ne pas se rappeler les premiers mois. Les mois du déchaînement. Quand tu te débrouillais pour passer presque tous les jours avant de rentrer chez toi. Quand tu ne pouvais pas faire l’économie de ces parenthèses entre nos bras. Curieuse perfection.
P136

 

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